L’ambassadeur Dr N. Nandakumar (c) a présidé la rencontre
C’était sous la présidence de l’ambassadeur de l’Inde dans notre pays, Dr N. Nandakumar, en présence de la directrice générale de l’Institut national de recherche sur la médecine et la pharmacopée traditionnelles (INRMPT), Pr Rokia Sanogo. Organisé par l’INRMPT, en partenariat avec l’ambassade de l’Inde, l’événement a réuni des membres de l’institut et, en ligne, des experts indiens du Centre pour l’innovation dans les sciences et l’action sociale de Thiruvananthapuram, au Kerala.
La directrice générale de l’INRMPT s’est réjouie de cette opportunité offerte par l’Inde de renforcer les relations entre les deux pays dans le domaine de la médecine traditionnelle. Elle a expliqué que cette nouvelle dynamique de coopération avec l’Inde fait suite à la célébration de la Journée africaine de la médecine traditionnelle. L’objectif, a-t-elle précisé, est notamment d’explorer les possibilités de collaboration dans la valorisation des ressources issues de la médecine traditionnelle. À cette occasion, elle a rappelé l’expérience historique de l’institution qu’elle dirige.
Selon Pr Rokia Sanogo, l’Institut, créé en 1968, a été désigné centre collaborateur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 1981. «Il a notamment conduit des travaux de recherche ayant permis de mettre au point des médicaments traditionnels améliorés. Quatorze de ces médicaments ont obtenu leur autorisation de mise sur le marché en 1983», a-t-elle rappelé.
La directrice générale a aussi expliqué ceci: «présentement, notre médicament phare fait l’objet d’une production expérimentale à l’échelle industrielle», a-t-elle indiqué. Celle-ci est menée en collaboration avec l’Usine malienne des produits pharmaceutiques (UMPP) et la Pharmacie populaire du Mali (PPM). Le partenariat associe également la Fédération malienne des associations de thérapeutes et herboristes ainsi que le Centre malien de la propriété industrielle. Une démarche qui, selon elle, permet de couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur, «de la plante jusqu’au médicament».
Pour elle, le rapprochement avec l’Inde offre ainsi l’occasion de capitaliser les expériences acquises par les deux pays et de les inscrire dans un cadre de coopération formel. Et d’estimer que cette collaboration favorisera le partage d’expériences, le transfert de technologies et la valorisation des ressources de la médecine traditionnelle. «Cette coopération va nous aider au partage d’expériences et favoriser un transfert de technologie», a-t-elle déclaré.
Pour sa part, le diplomate indien a appelé à renforcer les échanges entre les deux pays dans le domaine de la médecine traditionnelle. Selon Dr N. Nandakumar, le thème de cette édition invite à dépasser les réponses immédiates aux problèmes de santé pour inscrire la réflexion dans une perspective de durabilité. L’ambassadeur a rappelé que l’Ayurveda, dont le nom signifie «sciences de la vie» est pratiqué depuis plus de 3 000 ans en Inde. Il a insisté sur sa conception globale de la santé, qui ne se limite pas au traitement des maladies, mais accorde une place centrale à la prévention et au bien-être physique, mental et émotionnel.
«La véritable santé n’est pas seulement l’absence de maladie, mais un état vibrant de force physique, de clarté mentale et de bonheur émotionnel», a-t-il déclaré. Selon lui, la philosophie ayurvédique considère le corps humain comme un microcosme de l’univers, composé des cinq éléments fondamentaux que sont la terre, l’eau, le feu, l’air et l’espace. Leur équilibre constitue, dans cette conception, un facteur essentiel d’une vie saine.
Le diplomate a ensuite présenté les trois axes associés au thème de l’édition 2026. Le premier porte sur les soins de santé intégratifs, avec la nécessité de rapprocher la médecine moderne et les savoirs médicinaux traditionnels. Le deuxième concerne les preuves, la recherche et l’innovation. Il a souligné que l’Ayurveda continue d’évoluer grâce à la recherche clinique et à la validation technologique, citant notamment (l’Ashwagandha et le Tulsi) parmi les plantes étudiées pour leurs propriétés thérapeutiques.
Le troisième axe est consacré au bien-être des communautés. Il a établi un lien entre santé humaine et environnement, mettant en avant les remèdes naturels, les habitudes alimentaires durables et la conscience écologique.
Tamba CAMARA
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