Journée du géologue et du minier : Focus sur la souveraineté minérale du Mali

La 7ᵉ édition de la Journée du Géologue et du Minier, célébrée le 17 octobre 2026 au Mémorial Modibo-Keïta, a mis en lumière le rôle des compétences nationales dans la maîtrise des ressources minérales et le développement économique du Mali

Publié lundi 19 octobre 2026 à 12:27
Journée du géologue et du minier : Focus  sur la souveraineté minérale du Mali

Les officiels lors de la cérémonie d’ouverture des travaux
 

Derrière chaque tonne d’or extraite, chaque gisement découvert et chaque projet minier développé, il y a des femmes et des hommes dont le savoir-faire contribue à faire vivre l’économie malienne. Géologues, ingénieurs, techniciens, métallurgistes, environnementalistes et ouvriers participent à la connaissance, à l’exploitation et à la valorisation des richesses du sous-sol national. Mais leur contribution ne se mesure pas uniquement aux quantités de minerais extraites. Elle se traduit également par des emplois, des compétences, des revenus et des perspectives de transformation économique. C’est pour mettre ces acteurs en lumière que la Fédération des géoscientistes du Mali (FEGEM) a célébré, le 17 octobre 2026, la 7ᵉ édition de la Journée du Géologue et du Minier, autour du thème : «Géoscience et souveraineté minérale du Mali : quelle approche pour un développement inclusif ? ».

Au Mémorial Modibo-Keïta, cette rencontre a constitué un cadre de reconnaissance et de réflexion sur l’avenir d’un secteur stratégique. À travers cette initiative, la FEGEM, présidée par le Dr Madani Diallo, entend rappeler que l’industrie minière ne repose pas uniquement sur les géologues et les ingénieurs. Informaticiens, juristes, économistes, mécaniciens, électriciens, chauffeurs, secrétaires et autres professionnels contribuent également à son fonctionnement. Cette diversité des métiers témoigne de l’importance d’une chaîne de compétences dont dépend la performance du secteur.

Représentant le ministre des Mines, le conseiller technique Django Mady Coulibaly a souligné le rôle essentiel des géoscientistes dans la valorisation des ressources nationales. La découverte des gisements, leur cartographie et l’évaluation de leur potentiel nécessitent une expertise scientifique solide, indispensable pour orienter les investissements, anticiper les risques environnementaux et favoriser une exploitation responsable.

Le représentant du ministre a également rappelé les ambitions de la réforme du Code minier engagée en 2023, notamment le renforcement de la transparence, l’accroissement des revenus de l’État et des collectivités territoriales et l’amélioration de la gouvernance des ressources naturelles. La réalisation de ces objectifs suppose une mobilisation accrue des compétences nationales et une meilleure maîtrise des connaissances relatives au sous-sol.

Car la souveraineté minérale ne consiste pas seulement à posséder des richesses naturelles. Elle exige aussi la capacité de les connaître, de les gérer et d’en tirer le maximum de bénéfices pour le pays. La maîtrise des données géologiques et géochimiques constitue, à cet égard, un enjeu stratégique. Elle permet de mieux évaluer le potentiel minier, d’éclairer les décisions publiques et de renforcer l’autonomie nationale dans la gestion des ressources.

Les panels ont constitué l’un des temps forts de cette journée. Les communications du Dr Ismaïla Ndiaye, du Pr Adama Mariko et du Dr Abouzeid Ousmane Maïga ont porté sur des problématiques liées à la transition énergétique, aux changements climatiques et à la préservation de l’environnement. Ces échanges mettent en évidence la nécessité de concilier l’exploitation minière avec la protection des écosystèmes. Car si les mines génèrent des revenus et des emplois, leur développement doit également prendre en compte les conséquences environnementales et les besoins des générations futures.

La gestion des titres miniers, abordée par Mme Karambé Hawa Goundiam, présentée comme la première Malienne à avoir participé à la création et à la gestion des données géochimiques et géologiques du Mali, constitue un autre enjeu important. La disponibilité de données fiables et leur bonne gestion contribuent à une meilleure connaissance des ressources et à une gouvernance plus efficace du secteur.

Les échanges ont également porté sur le développement du capital humain, avec les Dr Adama Koné, Salia Coulibaly et Souleymane Sangaré, sous la modération de Mme Sawe Abiza Kamaté. Le dernier panel, animé par Mesdames Zeina Gassama et Arby Rokia, a été consacré aux différentes facettes de la géoscience au service d’un développement inclusif et de la souveraineté. Autant de réflexions qui replacent les compétences nationales au cœur de la valorisation des ressources minérales.

La formation constitue justement un autre axe majeur. Django Mady Coulibaly a évoqué le projet « Mentorat Mines », destiné à rapprocher les professionnels des étudiants et à faciliter l’insertion des jeunes diplômés. La création de l’École des Mines et du Pétrole participe également à cette volonté de renforcer les capacités nationales. De son côté,  Dr Madani Diallo a salué les efforts du ministre des Mines, le Pr Amadou Keïta, en faveur du mentorat des jeunes, de la célébration de la Journée du pionnier et de la création d’un musée des mines et du pétrole. Il a également remercié le ministre commissaire chargé des activités minières, Hilaire Diarra, pour son accompagnement.

La mobilisation des contributeurs, qui a permis de boucler le budget de la journée en moins de 48 heures, illustre l’engagement des acteurs autour de cette initiative. Mais au-delà de cette mobilisation, l’essentiel reste la traduction des réflexions en résultats concrets : renforcer l’expertise nationale, améliorer la connaissance du sous-sol, développer les formations spécialisées et faire en sorte que les retombées minières profitent davantage à l’économie et aux populations.

Le dynamisme du secteur minier ne se mesure pas seulement à l’or extrait ou aux recettes engrangées, mais aussi aux emplois créés, aux compétences développées et aux richesses partagées. Pour le Mali, le véritable défi est de transformer son potentiel minéral en prospérité durable. Car la souveraineté ne consiste pas simplement à posséder l’or, mais à maîtriser les moyens de le découvrir, de le valoriser et d’en faire une source de progrès pour tous.

Mariam A. TRAORÉ

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