Les
officiels lors de la cérémonie d’ouverture des travaux
Derrière
chaque tonne d’or extraite, chaque gisement découvert et chaque projet minier
développé, il y a des femmes et des hommes dont le savoir-faire contribue à
faire vivre l’économie malienne. Géologues, ingénieurs, techniciens,
métallurgistes, environnementalistes et ouvriers participent à la connaissance,
à l’exploitation et à la valorisation des richesses du sous-sol national. Mais
leur contribution ne se mesure pas uniquement aux quantités de minerais
extraites. Elle se traduit également par des emplois, des compétences, des revenus
et des perspectives de transformation économique. C’est pour mettre ces acteurs
en lumière que la Fédération des géoscientistes du Mali (FEGEM) a célébré, le
17 octobre 2026, la 7ᵉ édition de la Journée du
Géologue et du Minier, autour du thème : «Géoscience et souveraineté minérale
du Mali : quelle approche pour un développement inclusif ? ».
Au
Mémorial Modibo-Keïta, cette rencontre a constitué un cadre de reconnaissance
et de réflexion sur l’avenir d’un secteur stratégique. À travers cette
initiative, la FEGEM, présidée par le Dr Madani Diallo, entend rappeler que
l’industrie minière ne repose pas uniquement sur les géologues et les
ingénieurs. Informaticiens, juristes, économistes, mécaniciens, électriciens,
chauffeurs, secrétaires et autres professionnels contribuent également à son
fonctionnement. Cette diversité des métiers témoigne de l’importance d’une
chaîne de compétences dont dépend la performance du secteur.
Représentant
le ministre des Mines, le conseiller technique Django Mady Coulibaly a souligné
le rôle essentiel des géoscientistes dans la valorisation des ressources
nationales. La découverte des gisements, leur cartographie et l’évaluation de
leur potentiel nécessitent une expertise scientifique solide, indispensable
pour orienter les investissements, anticiper les risques environnementaux et
favoriser une exploitation responsable.
Le
représentant du ministre a également rappelé les ambitions de la réforme du
Code minier engagée en 2023, notamment le renforcement de la transparence,
l’accroissement des revenus de l’État et des collectivités territoriales et
l’amélioration de la gouvernance des ressources naturelles. La réalisation de
ces objectifs suppose une mobilisation accrue des compétences nationales et une
meilleure maîtrise des connaissances relatives au sous-sol.
Car
la souveraineté minérale ne consiste pas seulement à posséder des richesses
naturelles. Elle exige aussi la capacité de les connaître, de les gérer et d’en
tirer le maximum de bénéfices pour le pays. La maîtrise des données géologiques
et géochimiques constitue, à cet égard, un enjeu stratégique. Elle permet de
mieux évaluer le potentiel minier, d’éclairer les décisions publiques et de
renforcer l’autonomie nationale dans la gestion des ressources.
Les
panels ont constitué l’un des temps forts de cette journée. Les communications
du Dr Ismaïla Ndiaye, du Pr Adama Mariko et du Dr Abouzeid Ousmane Maïga ont
porté sur des problématiques liées à la transition énergétique, aux changements
climatiques et à la préservation de l’environnement. Ces échanges mettent en
évidence la nécessité de concilier l’exploitation minière avec la protection
des écosystèmes. Car si les mines génèrent des revenus et des emplois, leur
développement doit également prendre en compte les conséquences environnementales
et les besoins des générations futures.
La
gestion des titres miniers, abordée par Mme Karambé Hawa Goundiam, présentée
comme la première Malienne à avoir participé à la création et à la gestion des
données géochimiques et géologiques du Mali, constitue un autre enjeu
important. La disponibilité de données fiables et leur bonne gestion
contribuent à une meilleure connaissance des ressources et à une gouvernance
plus efficace du secteur.
Les
échanges ont également porté sur le développement du capital humain, avec les
Dr Adama Koné, Salia Coulibaly et Souleymane Sangaré, sous la modération de Mme
Sawe Abiza Kamaté. Le dernier panel, animé par Mesdames Zeina Gassama et Arby
Rokia, a été consacré aux différentes facettes de la géoscience au service d’un
développement inclusif et de la souveraineté. Autant de réflexions qui
replacent les compétences nationales au cœur de la valorisation des ressources
minérales.
La
formation constitue justement un autre axe majeur. Django Mady Coulibaly a
évoqué le projet « Mentorat Mines », destiné à rapprocher les professionnels
des étudiants et à faciliter l’insertion des jeunes diplômés. La création de
l’École des Mines et du Pétrole participe également à cette volonté de
renforcer les capacités nationales. De son côté, Dr Madani Diallo a salué les efforts du
ministre des Mines, le Pr Amadou Keïta, en faveur du mentorat des jeunes, de la
célébration de la Journée du pionnier et de la création d’un musée des mines et
du pétrole. Il a également remercié le ministre commissaire chargé des
activités minières, Hilaire Diarra, pour son accompagnement.
La
mobilisation des contributeurs, qui a permis de boucler le budget de la journée
en moins de 48 heures, illustre l’engagement des acteurs autour de cette
initiative. Mais au-delà de cette mobilisation, l’essentiel reste la traduction
des réflexions en résultats concrets : renforcer l’expertise nationale,
améliorer la connaissance du sous-sol, développer les formations spécialisées
et faire en sorte que les retombées minières profitent davantage à l’économie
et aux populations.
Le dynamisme du secteur minier ne se mesure pas seulement à l’or extrait ou aux recettes engrangées, mais aussi aux emplois créés, aux compétences développées et aux richesses partagées. Pour le Mali, le véritable défi est de transformer son potentiel minéral en prospérité durable. Car la souveraineté ne consiste pas simplement à posséder l’or, mais à maîtriser les moyens de le découvrir, de le valoriser et d’en faire une source de progrès pour tous.
Mariam A. TRAORÉ
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