Le
ministre Youba Ba (chéchia) administrant la première dose de vaccin à un chien
La 20è
édition de la Journée mondiale de lutte contre la rage a été célébrée hier à
Bamako sous le thème : « Plus forts ensemble ». À cette occasion, le
ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, a lancé la campagne de
vaccination des animaux de compagnie en administrant la première dose de vaccin
à un chien, dans l’enceinte de la Direction régionale des services
vétérinaires, au marché Dibida. La cérémonie a enregistré la présence du ministre
de l’Agriculture, Dr Ibrahima Samaké, de la ministre de l’Environnement, de
l’Assainissement et du Développement durable, Mme Doumbia Mariam Tangara, du
directeur national des Services vétérinaires, Dr Boubacar Kanouté, ainsi que
des partenaires techniques et financiers du secteur de l’élevage.
Dans son
intervention, Youba Ba a rappelé que le Mali célèbre cette journée depuis 2007,
à l’instar de la communauté internationale. Selon lui, cette commémoration
constitue une occasion de renforcer la sensibilisation et de mobiliser les
acteurs autour de l’objectif d’élimination de la rage.
Maladie
virale particulièrement dangereuse, la rage demeure une menace majeure pour la
santé humaine et animale. Une fois les symptômes déclarés, elle est presque
toujours mortelle. D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), elle
provoque environ 59.000 décès chaque année dans le monde.
Au Mali,
les données disponibles font état de 10 décès en 2022, 14 en 2023, 18 en 2024,
25 en 2025 et 23 décès enregistrés entre janvier et septembre 2026.
Le
ministre a également indiqué que, selon l’Organisation mondiale de la santé
animale (OMSA), 99% des cas de rage humaine sont dus à des morsures de chiens
infectés. L’Afrique et l’Asie concentrent 95% des décès liés à cette maladie.
Les populations rurales restent particulièrement exposées, tandis que les
enfants représentent une part importante des victimes.
Placée
sous le thème « Plus forts ensemble », cette édition met l’accent sur la
nécessité d’une action concertée entre les différents acteurs. Pour Youba Ba,
la lutte contre la rage passe par la vaccination massive des chiens, le
renforcement de la surveillance épidémiologique, le contrôle des populations de
chiens errants et l’information des communautés.
Il a
également insisté sur l’importance d’une prise en charge rapide des personnes
exposées, notamment grâce à la prophylaxie post-exposition. Cette stratégie
s’inscrit dans l’approche « Une seule santé », qui repose sur une collaboration
étroite entre les secteurs de la santé humaine, animale et environnementale.
Le Mali
s’est engagé dans le Programme mondial d’élimination de la rage humaine
transmise par les morsures de chiens à l’horizon 2030. Dans ce cadre, plusieurs
actions sont menées, notamment la vaccination gratuite des chiens, la formation
des agents des services concernés et la sensibilisation des populations. Le
ministre de l’Élevage et de la Pêche a invité les propriétaires d’animaux de
compagnie à faire vacciner régulièrement leurs chiens. Il a rappelé que cette vaccination
est obligatoire conformément à la réglementation en vigueur. Pour sa part, le
représentant du secrétaire permanent de la Plateforme nationale « Une seule
santé », Adama Diamouténé, a souligné que la rage reste une maladie évitable et
éliminable, à condition d’une implication effective de tous les acteurs.
« La rage
est une maladie virale qui touche principalement les mammifères et se transmet
à l’homme, dans la majorité des cas, par la morsure ou la griffure d’un animal
infecté, notamment le chien ou le chat », a-t-il expliqué.
Selon lui,
la prévention repose sur trois éléments essentiels : la vaccination des
animaux, la prise en charge rapide des personnes exposées et la sensibilisation
des communautés. Il a précisé que 23 cas suspects de rage, ayant tous entraîné
des décès, ont été enregistrés au Mali de janvier à septembre 2026, selon le
bulletin épidémiologique hebdomadaire du ministère de la Santé et du
Développement social.
Malgré les
efforts engagés, des défis demeurent, notamment l’accès aux vaccins, la
surveillance des cas, le diagnostic, la gestion des animaux errants et la
sensibilisation des populations.
Adama
Diamouténé a invité les propriétaires de chiens à comprendre que la vaccination
de leur animal constitue un acte de protection collective. « Toute personne
mordue ou griffée par un animal suspect doit consulter rapidement une structure
de santé et ne pas attendre l’apparition des symptômes », a-t-il conseillé.
La lutte contre la rage se joue donc autant dans les services vétérinaires que dans les comportements quotidiens des citoyens. Car, derrière chaque chien vacciné, c’est une vie humaine qui peut être sauvée.
Makan SISSOKO
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