Des ravageurs ont été présentés aux participants
C’est dans ce contexte que l’Office de protection des végétaux (OPV) a organisé hier, dans sa salle de conférences, un atelier d’information consacré à l’importance de la santé des plantes. La rencontre s’inscrivait dans le cadre de la Journée internationale de la santé des végétaux, célébrée cette année sous le thème : « Biodiversité végétale au service de la sécurité alimentaire».
Les travaux étaient présidés par le représentant du ministre de l’Agriculture, Alkaya Amadou Maïga, en présence du directeur général de l’OPV, Halidou Mohomodou, et du représentant de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Boubacar Maïga. Dans son intervention, le représentant du ministre a rappelé le rôle essentiel des plantes dans la vie humaine. Elles fournissent 80% de l’alimentation mondiale et produisent 98 % de l’oxygène que nous respirons. Pourtant, jusqu’à 40% des cultures vivrières sont détruites chaque année par les ravageurs et les maladies.
Pour Alkaya Amadou Maïga, la santé des végétaux constitue « le socle de la sécurité alimentaire ». Elle est également étroitement liée à la santé humaine, animale et environnementale. Le changement climatique, la mondialisation des échanges et le développement du commerce électronique constituent désormais des facteurs favorisant la propagation des organismes nuisibles. Ces menaces peuvent entraîner d’importantes pertes agricoles, fragiliser les revenus des producteurs et perturber les écosystèmes.
Le recours excessif aux pesticides ne constitue cependant pas une solution durable. Selon le représentant du ministre, leur utilisation abusive peut nuire à l’environnement et à la biodiversité et favoriser le développement de résistances chez les ravageurs. D’où l’importance d’une stratégie fondée davantage sur la prévention, la surveillance et le renforcement du dispositif phytosanitaire national. Le représentant du ministre a cité plusieurs actions prioritaires, notamment l’innovation technologique, la formation des producteurs, la révision du cadre législatif et la création d’une loi-cadre sur la protection des végétaux. La mise en place d’une Organisation nationale de protection des végétaux (ONPV) est également envisagée.
La lutte contre les ravageurs doit par ailleurs dépasser les frontières nationales. Alkaya Amadou Maïga a appelé à l’alignement du système phytosanitaire malien sur les normes internationales, afin de mieux sécuriser les productions agricoles et de faciliter leur accès aux marchés régionaux et internationaux. Il a aussi plaidé pour la modernisation des laboratoires, le renforcement des capacités des cadres et techniciens, des agents chargés du contrôle aux frontières et l’amélioration des équipements .
La protection des végétaux ne saurait toutefois reposer uniquement sur les services techniques. Les citoyens ont également un rôle à jouer. Ils sont invités à éviter le transport non contrôlé de végétaux lors de leurs déplacements, à faire preuve de prudence lors des achats de produits végétaux en ligne et à signaler toute apparition suspecte de ravageurs ou de maladies.
Le représentant de la FAO, Boubacar Maïga, a réaffirmé l’engagement de son organisation aux côtés des autorités maliennes. Ces dernières années, la FAO a apporté un appui dans la prévention, la surveillance et la lutte contre les organismes nuisibles, contribuant au renforcement des compétences techniques et des systèmes de veille phytosanitaire. Pour la FAO, la santé des végétaux doit être davantage intégrée aux politiques nationales relatives à l’agriculture, à l’environnement, à la santé et à l’éducation. Boubacar Maïga a notamment insisté sur le renforcement des capacités des services spécialisés, l’application des normes internationales pour les mesures phytosanitaires et la coopération entre les différents acteurs.
De son côté, le directeur général de l’OPV, Halidou Mohomodou, a souligné que protéger les cultures revient à préserver les récoltes, garantir la sécurité alimentaire et défendre l’économie agricole face aux menaces phytosanitaires émergentes. La biosécurité apparaît ainsi comme une première ligne de défense. Et dans cette bataille contre les ravageurs, producteurs, services techniques, commerçants et citoyens sont appelés à unir leurs efforts pour préserver le patrimoine végétal et sécuriser durablement la production agricole.
Abdoul Karim COULIBALY
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