Selon le coordinateur général du «Rendez-vous du Football Malien», Mahamet Traoré, cette session inaugurale ouvre un cycle de rencontres trimestrielles, chacune consacrée à une grande thématique et suivie d'une note de synthèse assortie de recommandations opérationnelles. Sur le plan juridique, Dr Bakary Dramé, avocat mandataire sportif, a rappelé que l'ordonnance du 25 février 2026 rend obligatoire la création d'une société sportive pour les clubs comptant plus de 50 % de joueurs majeurs sous contrat professionnel, un seuil complémentaire restant encore à adopter.
Les textes de la Femafoot prévoient également une direction de contrôle de gestion des clubs, chargée d'accompagner les clubs mais aussi de proposer des sanctions, ainsi qu'une Ligue nationale professionnelle qui gérera la Ligue 1 par délégation. Gadiaba Cissé, 3è vice-président de la Ligue de football du District de Bamako, qui remplaçait le président Abdallah Baby, a de son côté, souligné que l'accession à la Ligue 1 ne dépendra plus du seul résultat sportif, mais aussi du respect rigoureux du cahier des charges.
Côté clubs, Ousmane Cissé, président de Binga FC, a chiffré l'ampleur du défi. Le cahier des charges exige un budget d'au moins 80 millions de Fcfa, ajoutant que les charges sont énormes et les ressources rares. Il a pointé du doigt le manque d'infrastructures, l'absence de culture du sponsoring et un appui insuffisant de l'État, avant de saluer l’augmentation de la subvention des clubs à 40 millions de Fcfa par la Femafoot, soit une hausse de 60%.
Le président de la commission du football professionnel de la Femafoot, Abdine Sangaré, a décrit la réforme comme «un sevrage» que la Femafoot accompagnera, tout en annonçant des démarches auprès de l'État pour obtenir des incitations fiscales, notamment auprès des sociétés minières. Il attend en retour «60 % de performance» de la part des clubs.
Le président de la Femafoot, Mahazou dit Baba Cisset, a quant à lui présenté ses pistes de financement : sponsoring, droits audiovisuels et numériques, billetterie, formation des jeunes et adhésion des supporters. Dès la mise en place de la Ligue nationale professionnelle, les recettes de billetterie, aujourd'hui réparties entre l'État, les stades et la Femafoot, lui reviendront intégralement. Chaque journée de Ligue 1 comptera une «grande affiche», jouée seule au stade Mamadou Konaté, avec des animations artistiques et des lots à gagner pour le public.
Il a aussi proposé aux 14 clubs de Ligue 1 un pacte économique axé sur six priorités, dont un diagnostic financier club par club et une feuille de route mesurable. «Les clubs professionnels sont des entreprises privées», a-t-il martelé, ajoutant que ceux qui ne respectent pas le cahier des charges pourront évoluer en championnat amateur.
L'annonce la plus concrète concerne toutefois le volet important des infrastructures et de la santé des joueurs, souvent usés prématurément par la pratique sur la terre battue.
L'enveloppe FIFA Forward accordé à chaque fédération passera de 8 millions de dollars (environ 4 milliards de Fcfa) sur quatre ans (Forward 3.0) à 25 millions de dollars (environ 12,5 milliards Fcfa) pour la période 2027-2030 (Forward 4.0), selon une proposition qui doit être votée fin novembre. Pour en bénéficier, la condition sine qua non est que le terrain appartienne au club ou que ce dernier dispose d'un bail d'au moins 90 ans avec la municipalité. Les clubs remplissant ces critères pourront déposer leur projet dès le mois de janvier auprès de la Femafoot, qui montera un programme global de construction de terrains pour la Ligue 1.
En clôture, Mahazou dit Baba Cisset a plaidé pour sortir définitivement de l'amateurisme : «Nous ne pouvons pas rester dans une ligue professionnelle théorique, une ligue professionnelle de nom». Les travaux feront l'objet d'un rapport condensé, assorti de recommandations claires qui seront partagées avec les clubs. Cette première session s’est déroulée en présence des représentants de la direction nationale des sports et de l’éducation physique (DNSEP), des clubs, des ligues et des représentants des médias.
Ladji Madiheri DIABY
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